On en portait déjà en Egypte 1 000 ans avant JC ! C’était autant l’apanage des femmes que des hommes. La hauteur du talon était un marqueur du statut social. Il en est de même en Chine notamment pour les empereurs. Sous la période romaine, le talon est une référence sexuelle et distingue les prostitués des autres femmes.

Sous la Renaissance le talon se restreint à l’arrière de la chaussure. Catherine de Medicis sera à l’origine du talon moderne : elle voulait avoir plus de hauteur et donc de grandeur. Le talon se propage dans l’aristocratie.

Anecdotes :

  • Le parlement anglais au XVIme  punit le port de chaussures avec des talons : les femmes en portant séduiraient plus facilement des hommes mariés.
  • Louis XIV portait des talons dont certains  peints mesuraient 10cm.
  • Dans les années 50, certains médecins américains  dénoncent les talons hauts d’être plus à l’origine de question de délinquance sexuelle juvénile que de troubles de santé !

Le talon est également adopté dans le Nouveau Monde par les prostituées.   AU XIX et XX me siècles, les grands couturiers se l’approprient pour en faire un accessoire de luxe. Les femmes l’adoptent aussi pour « lutter » contre une concurrence déloyale de leurs « rivales » les prostituées. Après la première guerre mondiale et en pleine période d’émancipation de la femme, le talon prend une nouvelle place pour toutes les femmes : un élément de fantaisie (couleur et hauteur), un atout de séduction et un signe d’érotisme.

La période de la seconde guerre, période de grande restriction, fait apparaître de nouveaux matériaux notamment le liège et le plastique pour le talon.  L’escarpin à talon aiguille est inventé par les chausseurs italiens au début des années cinquante. Christian Dior le présentera dans ses défilés pour parfaire la silhouette New Look, le must de la féminité.

Dans les années 60 à 80, le talon est accusé de tous les maux : mal de dos, objet machiste pour les féministes, il abimerait les planchers etc… Seules quelques catégories de femmes (hôtesses de bar, starlettes etc.) continuent à le porter.

Le talon acquière son prestige avec entre autres les créateurs Salvatore Ferragamo et Charles Jourdan.  De nos jours, la quête de la création se poursuit avec les créateurs les plus fashion notamment Christian Louboutin, Jimmy Choo etc.

L’invention du talon moderne est attribuée à Catherine de Médicis au XVIème siècle.

Cette nouvelle chaussure lui permet de corriger avantageusement sa petite taille. Rapidement, cette nouvelle forme de chaussure se propage dans toute l’aristocratie mais pas seulement. Ainsi, le parlement anglais punit le port de chaussures avec des talons : les femmes en ayant auraient plus de faciliter à séduire des hommes mariés. Casanova, dans son autobiographie, déclare son amour pour les talons car il magnifie le corps et dévoile les jambes. Au XVIIème et XVIIIème siècle, les jambes sont l’objet de toutes les attentions érotiques des libertins.

Sous l’impulsion de Charles Frederick Worth, d’autres maisons de haute couture se créent à Paris dans la deuxième moitié du XIXème siècle, comme Paquin, Chernit et Doucet. Paris devient dès lors la capitale de la Mode.

Certains artisans qui travaillent pour ces maisons évoluent petit à petit vers la conception. Parmi eux, Pinet débarque de sa province en 1855 et devient le styliste de la maison de couture Worth. Il crée un talon plus fin et plus droit qui porte son nom. Petit à petit, il devient plus populaire que le talon Louis.

D’autres choisissent le chemin de l’Exclusif ; ainsi, Pietro Yanturni qui se surnomme “le créateur de chaussure le plus cher au Monde” a une clientèle de plus restreinte : seulement 20 clients. Ses chaussures sont aujourd’hui considérées comme des œuvres d’art et sont exposées au Metropolitan Museum of Art de New York.

Néanmoins, la mode est encore soumise à des impératifs sociaux : il est toujours indécent pour une femme de montrer ses pieds nus. Le confort prévaut toujours au détriment du style.

Mais la Première Guerre Mondiale bouleverse tout cela. A la fin de la guerre débute le phénomène social majeur du XXème siècle : l’émancipation de la femme. La chaussure à talons devient à partir de là un élément de séduction : on danse avec des talons (le charleston des années 20). On assiste à une explosion de couleur, à une augmentation de la hauteur des talons.

La Grande Dépression de 1929 puis la Seconde Guerre Mondiale marque un arrêt de cette évolution : ces deux périodes de crise sont peu propices à la fantaisie. Néanmoins, le rationnement du cuir durant la guerre fait apparaître de nouvelles matières : les matières plastiques et synthétiques pour le dessus de la chaussure, le liège et le plastique pour les talons.

A la fin de la guerre, les femmes ont pris une place plus importante dans la société : elles peuvent enfin s’affranchir des codes tant vestimentaires que sexuels. Elles veulent plus de mode dans leurs habits et dans leurs chaussures. Alors, Salvatore Ferragamo, Andre Perugia et Charles Jourdan développe un talon d’un genre nouveau : une pointe en métal entourée de plastique. Cela permet d’avoir une chaussure plus résistante tout en ne bridant pas l’imagination des créateurs.

 

Les fabricants comprennent l’importance de la publicité pour développer les ventes. Les actrices américaines des années 50 sont mises à contribution (comme par exemple Jane Mansfield). Le talon devient synonyme de “sex-appeal”. Ferragamo devient le fournisseur du Tout-Hollywood.

A partir des années 50, la fabrication de masse commence en Italie. La France ne parvient à conserver que les maisons de Haute Couture. En 1955, Roger Vivier, qui travaille pour Christian Dior à Paris, invente la chaussure à talon aiguille en augmentant la taille du talon et en lui donnant la forme d’une virgule. 

A cette époque, aux Etats Unis, certains médecins commencent à accuser les talons hauts d’être à l’origine non pas de problèmes médicaux mais de délinquance juvénile.

Le talon

Chaussure de femme avec un « Talon Louis XV », 1760–1765. Musée d’art du comté de Los Angeles

Le talon est la partie rigide à l’arrière d’une chaussure se posant sur le sol et sur laquelle repose l’arrière du pied. Les talons sont en général utilisés pour améliorer la taille du corps ou comme objet décoratif. Ils peuvent également être de différentes formes et de différentes hauteurs.

Les talons existent depuis des siècles et favorisent l’histoire des hommes mais surtout des femmes. Personne ne sait exactement à quelle époque les talons ont été inventés, cependant ceux-ci ont été portés par des hommes et femmes pour des raisons diverses dans différentes cultures. Bien que les chaussures à talons hauts soient représentées sur les murs antiques des temples et sur les tombes égyptiennes, elles ont tout d’abord été portées durant la Grèce Antique.

Tout débute en 1533 lorsque Catherine de Médicis épouse Henri II de France. Celle-ci portait des talons fabriqués sur mesure par des cordonniers à Florence (Italie) pour son mariage.

Mary Tudor était la toute première reine à vouloir porter des talons fabriqués aussi hauts que possible. Depuis cette période au 19e siècle, les talons hauts étaient fréquemment portés aussi bien par les femmes que par les hommes. Autour des années 1660, un cordonnier du nom de Nicholas Lestage fabrique des chaussures à talons pour Louis XIV. Certains talons mesuraient plus de 10 cm et d’autres étaient décorés de bijoux. Ce type de chaussure fît immédiatement succès auprès des dames.

Au plus tard du 18e siècle, les talons bas sont fabriqués pour la révolution française. Durant la révolution, ces talons étaient associés à la richesse et à la noblesse. Depuis, les talons ont été bannis du marché jusqu’à un retour massif à la fin du 19e siècle.

Les types de talon

  • Talon abattu : talon évasé vers le haut, créant un profil en surplomb ;
  • Talon aiguille : talon haut, de plus de 7 cm, et très effilé vers le bas. Il peut atteindre des hauteurs de 15 cm ;
  • Talon baraquette : talon plat et débordant à gorge rectiligne ;
  • Talon bas ou talon plat : talon de faible hauteur dont les faces supérieures et inférieures sont parallèles ;
  • Talon bobine : talon haut creusé sur son pourtour et évasé vers le bas ;
  • Talon bottier ou talon rainuré : talon haut et large fait de lamelles de cuir superposées ou donnant cet aspect ;
  • Talon chiquet : talon très plat constitué d’une unique lamelle de cuir. Ce type de talon se trouve souvent sur des ballerines par exemple ;
  • Talon collant : talon dont le pourtour est au même niveau que celui de la chaussure ;
  • Talon compensé ou semelle compensée : talon qui se prolonge sous la cambrure pour se raccorder à la semelle. Parfois appelé talon plein ou talon wedge ;
  • Talon crayon ou talon stiletto : talon aiguille très haut qui reste fin jusqu’à la semelle ;
  • Talon cubain ou talon quille : talon large, de hauteur moyenne, dont les profils sont rectilignes et dont l’arrière est en pente légère vers l’avant ;
  • Talon débordant : talon dont le pourtour est en saillie par rapport à celui de la chaussure ;
  • Talon en talus : talon évasé vers le bas et dont la surface au sol est plus grande que la surface d’emboîtage (inverse du talon abattu) ;
  • Talon français : talon plat à gorge incurvée et dont l’arrière est en pente vers l’avant ;
  • Talon haut ;
  • Talon italien : talon haut collant et abattu sur toutes ses faces ;
  • Talon Louis XV : talon haut de profil concave et au surplomb très accentué ;
  • Talon recouvert : talon dont le revêtement extérieur est le même que celui de la chaussure ;
  • Talon semi-compensé : talon compensé dont la surface inférieure sous la cambrure est légèrement creusée.

Les petits talons stilettos (d’une hauteur comprise entre 3,5 et 5 centimètres) sont aussi connus sous le terme de « talonnette ». Ils ont été popularisés par l’actrice Audrey Hepburn à la fin des années 1950. Ces talons, bien que petits, restent très fins, ce qui leur vaut d’être considérés comme des talons hauts.

 

L’histoire du talon haut

Il y a deux types de femmes dans le monde : celles qui avancent leur poitrine rebondie et celles qui ont des jambes. Je préfère me référer aux secondes (on ne peut pas tout avoir !) et m’élancer à talons perdus dans le monde, en défiant parfois les lois de l’apesanteur.

Mais d’où vient le talon ? Il est dit qu’il est né dans l’ancienne Egypte où les bouchers portaient des talons pour éviter le sang au sol… Charmante vision ! Les cavaliers mongols mettaient des talons à leurs bottes pour mieux tenir dans leurs étriers.

La mode des talons hauts a vu le jour à Venise au XVIe siècle avec le port des chopines, une espèce de souliers « plate-forme » pourvus d’une semelle de bois pouvant s’élever jusqu’à 60 centimètres ! Peu de temps après, et pour la plus grande satisfaction des hommes et des femmes, les bottiers abaissent le devant des chopines, créant ainsi le talon haut tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le premier document relatif aux talons hauts « esthétiques » date de 1533 : Catherine de Médicis – une reine de petite taille, mais d’intelligence diabolique – fait venir ses talons de Florence à l’occasion de son mariage avec le Duc d’Orléans. Le style qui tue est immédiatement adopté par la cour de France !

Au XVIIème siècle, tous les nobles s’avancent en vacillant sur des talons d’au moins 12 cm, en signe de distinction sociale. Même les hommes en portent malgré l’inconfort : leur poids pousse le pied vers l’avant et, ce qui n’arrange rien, la chaussure gauche n’est pas conçue différemment de la droite. Ils marchent donc en canard ! Si le talon haut donne aux femmes une démarche ondulante parfois maladroite, il oblige ces messieurs à se dandiner. Pour éviter de tomber, beaucoup s’aident de cannes qui leur servent d’appui. Mais peu importe la démarche. A leurs yeux, elle est royale car elle les propulse au sommet.

On dit que Louis XIV, réputé petit, aimait se grandir avec des talons hauts qui, combinés à sa perruque, lui donnaient 30 centimètres de plus! Louis XIV eut même l’idée de porter des talons rouges, comme on le faisait déjà en Angleterre, et les courtisans l’imitèrent. Le talon rouge devint signe distinctif de la noblesse. On ornait le dessus du soulier de rosettes et de flots de rubans fort coûteux qui firent place, au XVIIIe siècle, à des boucles d’argent serties de pierres précieuses. Les souliers étaient alors de véritables écrins avec des pierres précieuses sur les contreforts, qu’on appelait des « venez-y voir », par coquetterie.

La Révolution française coupe la tête… et les talons. La hauteur des chaussures chute avec la monarchie et tous les « citoyens », nivelés par le bas, adoptent la démarche de l’homme moderne : un pas élastique dans des chaussures à talon plat. Dès 1795, pour la première fois depuis des millénaires, les riches bougent avec autant d’aisance naturelle que le peuple. Le talon haut est mort. La botte, martiale, fonctionnelle, égalitaire, domine le XIXè siècle. Même les dames en portent, sous le nom de… bottine.

Retour du talon fin XIXème siècle avec luxe et luxure. Il réapparaît en effet avec les femmes de petite vertu. Fin XIXème siècle, une cocotte parisienne importe la mode aux USA, dans un bordel de Nouvelle Orléans. Remarquant l’incroyable pouvoir sexuel de ces “chaussures françaises”, la patronne commande les mêmes pour toutes ses employées, jusqu’à ce que, en 1888, une manufacture du Massachusetts se lance dans la fabrication locale de talons… Les Etats-Unis découvrent avec une horreur (mitigée d’excitation) l’incroyable pouvoir de séduction de ces diaboliques chaussures.

Oscillant perpétuellement entre la mode et le discrédit, les talons atteignent de nouvelles cimes avec l’avènement du talon aiguille en 1952, inventé sur le même principe que le gratte-ciel : une armature en métal enfermée dans une mince coque plastique supporte tout le poids du corps. On ne sait pas à qui appartient l’idée : Ferragamo, Albanese of Rome et Dal Co dessinent tous des talons aiguilles en Italie vers 1953, à l’époque où Roger Vivier en donne sa version à Paris. Les talons aiguilles sont longtemps interdits dans les avions car ils trouent le plancher. A l’entrée de certains bâtiments publics, on offre aux femmes un sac où ranger ces chaussures moralement incorrectes. Considéré comme un symbole d’agression, de provocation et de sensualité, le talon aiguille devient l’emblème du mauvais genre. Et pourtant, aucune « fashionable », aussi respectable qu’elle soit, ne peut se permettre de porter autre chose. Les 10 cm imposent la norme.

Avec l’aide de l’aéronautique et de ses alliages, les stylistes s’emparent des chaussures pour en faire des chefs d’œuvres d’équilibre et de virtuosité. Roger Vivier invente le talon épine au début des années 60, avec des pointes dissymétriques. Il invente aussi le talon en forme de virgule, de bobine, de boule, d’aiguille, de pyramide ou d’escargot. Jean-Paul Gaultier lance la chaussure « mille pattes » ornée de multiples talons. Christian Louboutin met au point des talons aux courbes suggestives comme des croupes, appelés « Marilyn ». Vivienne Westwood a créé les chaussures parmi les plus hautes de la mode (photo ci contre), faisant ainsi tomber Naomi Campbell en plein défilé ! Ce ne sont plus des chaussures, ce sont des sculptures sur patte. Des attentats à l’équilibre ! Mais peu importe foulures, fractures et scolioses à vie, ce qui compte n’est-ce pas « d’aimer ses souliers à en mourir » ? C’est notre créateur chouchou qui le dit : Manolo Blahnik !